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31 Mar 2025

Froid aux yeux (John Sandford)

 

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Hommage rendu à John Sandford avec « Froid aux yeux » polar américain sorti en 1991 qui fut le premier livre que je lus en 1999 à la faveur d’une initiative initialement destinée à meubler un service militaire et qui sans doute par sa qualité intrinsèque à contribué à mon regain d’intérêt pour la littérature.

Troisième d’une série entamée en 1989, « Froid aux yeux » se déroule à Minneapolis, grande ville du Centre-Nord des États-Unis dans laquelle la femme d’un médecin appelée Stéphanie Bekker, est assassinée chez elle à coup de bouteille.

Mais Carlo Druze, le tueur, un jongleur de cirque au visage défiguré par un accident domestique, est surpris par l’amant de Stéphanie, un blond grassouillet qui lui fait prendre la fuite.

Lorsqu’il rend compte au commanditaire du meurtre, le mari et médecin Michael Bekker de cet imprévu dans l’exécution du meurtre, le médecin comprend que l’affaire va être plus compliquée que prévu.

Dans le même temps, Del, le cousin de Stéphanie alerte son collègue policier Lucas Davenport de ce curieux assassinat pour stimuler son ami très perturbé par un divorce douloureux.

En réalité, Davenport sort d’une dépression qui la conduit aux limites du suicide et peine du haut de ses quarante ans à reprendre le dessus.

Ses difficultés se traduisent par des accès de violence lors de l’interpellation d’un jeune maquereau armé d’un long stylet, qui finit sévèrement tabassé et lui vaut de vivre les affres d’une enquête interne de la police.

Aiguillonné par son ami et par les lettres/appels téléphoniques de l’amant au pseudo de Bijou, Davenport se pique au jeu et entre de plein pied dans l’enquête.

Mais il a fort affaire car Bekker est un redoutable manipulateur, d’une grande beauté, consommateur frénétique de drogues (de préférence PCB et anti dépresseurs) et surtout fasciné par la contemplation de la mort.

Une enquête sommaire sur la passé de Bekker révèle de troubles histoires de décès suspects durant la guerre du Viêt-Nam et d’inquiétantes visites dans des hôpitaux ou séjournent des malades en phase terminale, comme Sybil Hart, une jeune femme complètement paralysée dont l'esprit encore conscient est régulièrement torturée par le maniaque.

Davenport a donc rapidement Bekker en ligne de mire comme suspect idéal d’autant plus que le médecin surprend par son comportement étrange, déroutant et son manque de compassion évident pour la mort de sa femme.

Le stratagème génial mis au point par le duo Druze-Bekker est d’intervertir leurs victimes afin de brouiller les pistes et de faire disparaitre toute trace apparente de mobile.

C’est ainsi que Bekker tue Armistead, la directrice du théâtre avec qui il était en conflit et qui menaçait de le licencier.

Le médecin trahit ici son obsession pour les yeux de ses victimes qu’il se croit obligé d’enlever afin qu’elles ne le hantent pas nuit et jour jusqu’à le faire devenir fou.

L’enquête de Davenport le fait se rapprocher de Cassie Lasch, une actrice de la troupe d’Armistead, habitant dans le même immeuble que Druze.

Cassie est une rousse à la musculature impressionnante qui séduit Lucas, parvenant à lui redonner confiance en lui en tant qu’homme.

Cette relation n’échappe pas à Druze, rendu nerveux par la présence policière et surtout l’existence de l’amant, source potentielle de délation.

La quête de l’amant agite effectivement la police qui soupçonne sans succès un psychiatre mais rend complètement fou Bekker, qui croit trouver son identité en la personne d’un professeur de droit que fréquentait sa femme en cachette, un dénommé Philipp Georges.

Bekker charge sans remord Druze d’accomplir la basse besogne de l’assassinat de Georges.

Armé d’une tige en fer affutée, Druze prend par surprise George et lui fracasse la tête.

Il abandonne son 4x4 à l’aéroport pour faire croire à une fuite et enterre le corps dans des sous bois hors de la ville.

Mais il oublie de faire les yeux, ce qui rend complètement hystérique Bekker qui force Druze à l’accompagner sur les lieux ou se trouve le corps afin de la déterrer pour l’énucléer.

Accompli sous une pluie battante, le travail est plus que laborieux et les allez et venues du duo finissent par donner l’éveil aux voisins, ce qui provoque une descente de police.

Le malheureux Georges est exhumé mais Lucas comprend que ce n’est pas l’amant de Stéphanie.

Il utilise alors ses contacts dans la presse pour diffuser l’information de la découverte du corps et stresser les criminels afin de les forcer à se découvrir.

Après le meurtre d’une femme dans un centre commercial afin de donner le change, Druze est identifié par un jeune garçon présent sur les lieux qui le compare au personnage principal du film « Darkman ».

Davenport loue la cassette (et oui nous sommes en 1991 !), la montre à Cassie qui a un flash, reconnaissant la démarche de son collègue Druze.

Malheureusement, Bekker rendu de plus en plus nerveux par ses contre temps a pris la décision de se radicaliser, et enlève Cassie, qu’il égorge juste avant de tuer Druze, devenu trop encombrant pour sa propre sécurité.

La mort de Cassie est un cauchemar pour Davenport qui voue alors une haine farouche à Bekker.

Davenport refuse de croire la version dans laquelle Druze serait le seul tueur, fait pression pour qu’on rassemble toutes les pièces du puzzle, l’exhumation du corps de enfants de l’hôpital tués par jeu par Bekker avec énucléation à la clé et interrogatoire de Sybil qui confirme par son témoignage muet et désespérée les velléités de tortionnaire du médecin fou.

De son coté Bekker bascule complètement dans la folie, se sentant pourchassé par le fantôme de Druze, augmentant de manière exponentielle sa consommation de drogues pour ne pas dormir et se résolvant finalement à aller au funérarium pour énucléer son ancien associé, seul acte pour lui amène de lui ramener un semblant de sérénité.

Bekker tombe de fait dans un piège tendu par Davenport qui avait établi la connexion entre Bekker, Druze et la manie d’énucléation.

Bekker est coincé et sévèrement tabassé par Davenport qui le défigure.

Mal en point, le médecin parvient néanmoins à lui susurrer qu’il aurait mieux valut le tuer …

De retour à la police, Davenport à la désagréable surprise de voir sa hiérarchie le lâcher, en raison de ses violences répétées et de ses liens trop étroit avec certains journalistes.

Forcé à la démission par son chef Daniel, il s’arrange pour lui faire comprendre sur le tard qu’il avait deviné qu’il était Bijou, l’amant de Stéphanie …

En conclusion, « Froid aux yeux » est une histoire de tueur en série classique, pas révolutionnaire mais diablement bien écrite et au suspens très efficace.

Si le cliché du policier entre deux âges, esseulé, radical et perturbé dans sa vie privée, reste tenace, le personnage du méchant, le redoutable docteur Bekker, atteint lui de véritables sommets de machiavélisme et de sombre fascination.

Si l’on excepte le personnage haut en couleurs de Bekker et celui également intéressant de Druze en victime de la société traduisant en violence sa souffrance et sa solitude intérieure, la principale qualité de « Froid aux yeux » reste sa construction brillante, ses scènes de meurtres chocs, puissamment amenées et le remarquable sens du rebondissement développé par Sandford.

Ces qualités indispensables à tout bon polar, font de « Froid aux yeux » un très bon représentant d’un genre populaire et quasiment indémodable.

Impossible donc de renier, toutes ses années après, mon choix initial… et obligation de renouveler ma sympathie et mon admiration à Mr Sandford.

31 Mar 2025

Froid dans le dos (John Sandford)

 

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Nous sommes toujours au début des années 90, 1992 pour être plus précis, et le prolifique John Sandford sort « Froid dans le dos » suite logique de « Froid aux yeux » sorti seulement une année auparavant.

Empruntant au même synchronisme, j’enchaine à la fin du dernier millénaire les deux romans et me plonge dans l’intrigue assez dense de « Froid dans le dos ».

Ici Lucas Davenport, l’ex policier de Minneapolis, licencié par son supérieur suite à la ténébreuse affaire Michael Bekker, s’est reconverti dans sa seconde passion de concepteur de jeux vidéos, ce qui lui assure une vie confortable.

Mais suite à l’évasion du célèbre chirurgien tueur lors de son procès à New-York, Davenport est contacté par son amie Lily Rothenburg, policière au sein de la capitale économique des Etats-Unis afin de lui apporter son aide pour coincer le danger public que représente Bekker dont les obsessions pour la mort n’ont pas été atténuées par son séjour en prison.

A New-York, Davenport découvre un autre environnement, plus tumultueux, urbain et agressif que celui de sa bonne « petite » ville de Minneapolis.

Il est briffé par les supérieurs de Lily, Kennett un vieux policier affaibli par une récente crise cardiaque et le ventripotent O’Dell l’un des plus hauts gradé du NYPD pour enquêter sur la mort de Walter Petty, un spécialiste de l’informatique assassiné parce qu’il enquêtait lui-même à l’intérieur de la police sur une série de meurtres de malfrats tués par une équipe en apparence parfaitement rodée à l’assassinat ciblé.

Davenport se retrouve avec deux affaires épineuses sur les bras, avec d’un coté son vieil ennemi lâché dans la nature pour une série de meurtres sauvages et de l’autre tout ce qui ressemble à une sordide affaire interne policière.

Son déplaisir s’accroit lorsqu’il apprend que Lily avec qui il a entretenu une brève liaison est avec Kennett le directeur de l‘enquête Bekker, même si au final les deux hommes finissent par mettre de coté leur jalousie pour observer un prudent respect.

Comme on pouvait s’y attendre, le redoutable Dr Bekker traumatisé par la sauvage agression que lui a infligé Davenport en raison des horribles cicatrices laissées sur son visage, reprend sa série de meurtres, en traquant des femmes ou des hommes de petit gabarit car plus faciles à transporter, pour les emmener dans une vieille cave du quartier de Soho réaménagée en salle d’horribles expérimentations sur la mort.

Toujours obsédé par les yeux, Bekker cherche malsainement à observer le moment du basculement vers l’au-delà cherchant à y déceler une part d’infini ou de grâce divine.

Il utilise pour cela la maison de Madame Lacey, vieille dame dépendante à la drogue (notamment marijuana) que Bekker lui fournit complaisamment pour atténuer ses souffrances en échange de l’usage d’une partie de sa maison.

Habile, le chirurgien tueur utilise la carte bancaire de la vieille dame pour effectuer des retraits et se pourvoir en matériel médical pour ses expériences mais également en quantités importantes de drogues, notamment le PCP, qu’il consomme toujours en fortes doses.

Au fur et à mesure des horribles meurtres de femmes prises au hasard dans les parkings, Bekker fait parler de lui dans les médias ce qui renforce la pression sur la police.

Le tueur qui demeure insaisissable, surprend néanmoins la police en lui adressant une lettre ou il se déclare témoin d’un meurtre, en réalité une nouvelle action des tueurs de la police, surnommé par Davenport et Lily, les Robins des bois.

Flanqué de sa partenaire Barbara Fell que O‘Dell soupçonne de faire partie des Robins des bois, Davenport utilise les bonnes vieilles méthodes du flic de terrain mêlant enquête de voisinage et menace de revendeurs comme Jackie Smith, pour tenter de débusquer Bekker.

Ce qui devait arriver arriva et l’athlétique quadragénaire noue une relation avec la séduisante Fell, tout en profitant d’une de ses absences pour fouiller son appartement.

Davenport n’a pourtant pas trop l’occasion de pousser plus loin ses investigations puisqu’il est sauvagement passé à tabac par deux Robins des bois.

Il réussit à casser le bras d’un deux et ne doit la vie sauve qu’à l’intervention de Lily qui pistolet à la main, les met en fuite.

L’agression de Lucas n’est malgré tout pas suffisante pour le faire renoncer à ses recherches ce qui lui permet d’approcher Whitechurch, un des dealers de Bekker, qui travaille dans un hôpital.

La mort de Whitechurch, tué parce qu’il avait reconnu l’identité de son principal client, met Davenport sur la piste encore chaude du médecin, qui a conservé l’horrible manie de découper les paupières de ses victimes.

Davenport a alors comme idée d’attirer Bekker en flattant son gout pour la reconnaissance scientifique en organisant une conférence sur les travaux du nazi Mengélé, coupable d’horribles expériences sur les prisonniers durant la Second guerre mondiale.

Incapable de résister à ses pulsions, Bekker se rend à la conférence, mais flaire le piège et s’en extrait avec un aplomb et une férocité incroyable après avoir tué avec un pupitre en métal un policier de faction.

Lucas a néanmoins le déclic capital lorsqu’il comprend la nouvelle technique de Bekker, se déguiser en femme, séduisante blonde, en ayant observé les techniques d’un codétenu travesti en prison.

En parallèle, Lucas qui ne fait confiance qu’à Lily (et encore !), se met à soupçonner O’Dell lui-même dans le meurtre de Petty, lorsqu’il apprend que l’ex toxicomane d’Atlanta, Cornell Reed, débusqué par Petty, a bénéficié de sa protection pour se taire en tant que témoin d’un des meurtres des Robins des bois juste avant l’assassinat de l’informaticien.

Le rythme s’accélère, les affaires se rejoignent lorsque Bekker est localisé dans sa maison de Soho après qu’on ait pu à partir des billets retrouvé sur le corps de Whitechurch, remonter jusqu’à la carte de crédit de et identifier sur les caméras de surveillance le chirurgien travesti.

Davenport contacte O’Dell qui envoie deux tueurs pour éliminer Bekker devenu à son tour un témoin gênant, mais les deux homme sont confondus sur place par le flic de Minneapolis qui reconnait ses deux agresseurs.

Fell et Davenport pénètre dans la maison obscure, traquant le tueur finalement retranché dans la cave après avoir tenté d’éliminer une Bridget Land amie devenue embarrassante de Madame Lacey elle-même assassinée pour l’avoir reconnu à la télévision.

Comme souvent, Bekker shooté à mort, perd les pédales, refuse de se rendre et se fait tuer par Fell.

La menace Bekker éliminée, vient l’heure de régler ses comptes avec la hiérarchie de la police.

Bien que O’Dell soit mouillé jusqu’au coup dans l’affaire des Robins des bois, il s’avère en réalité que c’était Kennett qui recrutait les tueurs parmi les policiers et organisait les raids punitifs dans le but pensait t il d’assainir New-York des délinquants échappant aux mailles de la justice.

Lily est choquée d’apprendre que son amant a demandé l’exécution de Petty, qui était fou amoureux d’elle et pour qui elle avait une tendresse quasi maternelle.

Elle provoque une violente dispute qui se solde par la mort du vieux flic cardiaque.

De son coté, Davenport comprend également dépité que Fell est elle-même un membre des Robins des bois auxquels appartient son père.

Pire, Fell semble avoir elle-même tué le pauvre Petty dont les talents d’informaticiens avaient mis toute l’organisation en péril.

Cette révélation est insupportable pour Davenport qui rompt sur le champs tout projet de vie commune avec la femme policière et rentre ébranlé mais heureux du devoir accompli dans sa chère ville de Minneapolis.

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En conclusion, « Froid dans le dos » est encore une fois un excellent polar à l’intrigue un chouia trop complexe mais particulièrement agréable à suivre.

Sandford change ici de braquet, transportant son personnage fétiche dans les inextricables méandres du New-York du début des années 90 à l’époque non encore pacifié par le maire Giuliani. Davenport retrouve encore son ennemi le redoutable Bekker, personnage diabolique réellement effrayant, qui a eu cette fois l’idée géniale de devenir une femme pour mieux tromper son monde et commettre des meurtres d’une violence terrorisante.

L’intrigue déjà passionnante autour de Bekker, véritable caméléon urbain accro à la drogue et la mort, s’étoffe également autour d’un histoire de réseau de flics exécuteurs qui insuffle un fort vent de paranoïa.

Seul contre tous, Davenport doit donc jouer des coudes pour s’extraire de cette jungle d’asphalte et mener à bien ses deux missions externes et internes, particulièrement délicates.

Avec « Froid dans le dos », Sandford réussit le tour de force de surpasser le déjà excellent « Froid aux yeux » et on ne peut que regretter la mort du criminel pour la suite des aventures de Davenport…

Étonnant donc vu les qualités d’écriture de Sandford, que ses romans n’aient pas bénéficié de plus d’exposition médiatique… car le tandem Davenport-Bekker recèle son lot de moments cultes à vous en faire perdre le sommeil !


31 Mar 2025

Captain america n°404 (Mark Gruenwald, Rick Levins, Larry Alexander)

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Nulle intention de ma part de délaisser les comics books avec « Captain america n°404 » avec toujours Mark Gruenwald au scénario épaulé par Rick Levins aux dessins.

Sorti en 1992, « Captain america n°404 » met en scène une association entre le Vengeur étoilé et le Docteur Druid, membre occasionnel des Vengeurs en tant que Docteur Strange de seconde catégorie.

Le duo insolite se retrouve à Starekesboro dans un petit village du Massachussetts aux prises avec une horde de loups garous ayant infecté John Jameson un ami pilote de Cap.

Télépathe de bon niveau, Druid parvient à prendre le contrôle d’une partie des loups garou pour les forcer à s’entre déchirer tandis que Captain gère à l’aide des habituelles capacités de combattants, le reste de la meute.

En réalité les habitants de ce village sont victimes des agissements d’un scientifique malsain appelé Dredmund qui injecte en eux un sérum les transformant en loups garou.

Lorsque son principal homme de main, le nommé Moonhunter rendre bredouille de sa mission de capture du duo Captain-Druid, Dredmund décide de lâcher contre lui Wolverine, psychiquement contrôlé.

Déchainant son coté bestial, Wolverine agresse sauvagement Captain america qui a toutes les peines à survivre à cet assaut mortel et est juste assez immobilisé pour que Moonhunter le drogue tandis que Druid se retranche dans une prudente invisbilité.

L’épisode se termine donc sur une vision de Captain america sanglé sur une table d’opération et prêt à recevoir une injection pour le transformer en loup garou.

En guise bonus, Larry Alexander (dessins) illustre comment Diamondback est manipulée par Crossbones un des pires ennemis de Captain america, pour dérober dans un laboratoires des Vengeurs, le sérum du super soldat.

En conclusion, « Captain america n°404 » ne contient qu’une intrigue de faible niveau avec une histoire à dormir debout de loups garou infectés par un super criminel et ne recèle en elle-même que l’avantage de montrer une belle confrontation entre deux légendes du genre Wolverine et Captain america.

Si le combat se montre assez équilibré, la rapidité et la férocité de Wolverine lui confèrent pourtant un léger avantage suffisant pour placer notre héros en fâcheuse posture.

La qualité des dessins est également au rendez vous avec un Rick Levins faisant honneur à un Captain élancé, puissant et aux muscles remarquablement ciselés.

Pas d’aventures géniales donc, mais une confrontation excitante et au final plutôt plaisante qui provoquera une certaine indulgence chez le fan que je suis encore…

31 Mar 2025

Feels like the first time (Nirvana)

 

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Comment chacun le sait, l’astre Nirvana a cessé d’émettre et même d’exister par une froide journée d’hiver 1994, lorsque Kurt Cobain se tira une balle dans la tête.

Ce qui bien entendu n’empêche pas le business music de continuer de générer de l’activité et donc du profit autour de la légende de Seattle comme le montre « Feels like the first time » compilation de titres live enregistrés durant les dernières tournées 1992-1993.

Sorti en 2012, « Feels like the first time » début par « Radio Friedel unit shifter » titre puissant suintant la rage sourde enregistré dans le fief du groupe à Seattle.

L’ambiance parait tout de suite explosive et le coté brut de décoffrage, sauvage et incontrôlable de Nirvana saute aux oreilles sur « Drain you » pourtant desservi par un son plus que médiocre.

Cobain lutte s’arrache les cordes vocales, lutte comme un diable sur un « Breed » violent et torturé.

On déraille un peu sur « Serve the servant » particulièrement déstructuré sur lequel le chanteur marmonne entre ses dents plus qu’il ne chante.

Viennent à la rescousse les classiques, « Rape me » parfaite illustration du malaise d’un être transmuté en énergie brute, puis « Heart shaped box » aux velléités mélodiques plus que bienvenues.

Retour au piochage raz mottes avec « Penny royal tea » puissant mais assez pénible à l’écoute, « Scentless apprentice » qui marque la régression absolue jusqu’au niveau le plus primitif avant un « Lithium » enfin plus construit tout en restant incroyablement dévastateur dans ses refrains.

Après la bouillie sonore de « Endless nameless » vient une fournée de titres enregistrées à Melbourne, notamment le pseudo pop déchirant « About a girl » plombé par un son de fin du monde.

Il est particulièrement difficile en pareilles conditions d’enregistrement, d’apprécier le tube « Come as you are » et ce sentiment se prolonge sur le nerveux « Breed ».

Enfin une des ballades les plus douces et populaires de Nirvana, « Polly » que le public peut chanter à tue tête dans un semblant de communion.

La mayonnaise prend bien sur « Lounge act » puissant tout en restant délié et « Love buzz » à la vibration très rock ‘n’ roll.

On ressort le « Lithium » chanté comme il se doit par une foule en délire avant l’extatique duo « Smells like teen spirit » / « Territorial passings » capturés en live au Saturday night live auxquels succèdent deux redites, « Rape me » et « Heart shaped box » au son beaucoup plus propre.

En conclusion, même si « Feels like the first time » surfe peut être un tantinet sur la nostalgie, il n’en délivre pas moins un programme complet de 21 titres, empreints certes de quelques redites.

Le principal mérite de ce live tardif est de rappeler quelle puissance sonore pouvait dégager Nirvana au fait de sa gloire, au cours de prestations scéniques exceptionnelles, ou en véritable punks des années 90, le trio dépassait parfois ses propres limites physiques et mentales.

Violent, rageur, parfois brouillon, souvent déchirant et impressionnant, « Feels like the first time » est à ranger auprès des beaux témoignages live d’un groupe culte des années 90.

31 Mar 2025

Le convoi (Sam Peckinpah)

 

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Coup de projecteur sur un réalisateur sans doute un peu oublié mais o combien culte, Sam Peckinpah, dont le « Convoi » sorti en 1978 est l’avant dernier film.

Spécialiste principalement du western ou du film de guerre, Peckinpah adapte ici une chanson de country pour réaliser une sorte de western contemporain ou les cow boys sont remplacés par des … camionneurs !

L’histoire en effet basique à souhait se déroule dans les vastes étendues désertiques de l’Arizona ou un sympathique trio de routiers formé par le chef Rubbber Duck (Kris Kristofferson), Love Machine (Burt Young) et le noir Mike l’araignée (Franklin Ajaye) est pris à parti par Wallace (Ernest Borgnine) un sherif local particulièrement vicieux qui les rackettent et fait un usage abusif de la force.

Duck fait mine d’arranger les choses avec ses amis et cèdent aux caprices de Wallace pour filer retrouver Violet (Cassie Yates) une de ses petites amies dans un bar local.

Sur place, il y retrouve Mélissa (Ali Mc Graw) une superbe brune qui l’avait ouvertement provoqué en jupe courte à bord de sa décapotable avant de lui attirer des ennui avec un autre policier du coin.

Tout en traitant les affaires courantes avec Violet, Duck comprend par le biais de la CB que quelque chose ne tourne pas rond dans le bar ou Love Machine et Mike ont provoqué Wallace, qui fou furieux, décide d’enfermer le routier noir pour se venger des insultes entendues sur les ondes.

Duck intervient mais ne parvient pas à calmer le shérif qui est venu avec deux robustes adjoints armés.

La tension monte et une énorme bagarre de bar éclate, se soldant par la mise hors combat des trois policiers avec la complicité de Mélissa.

Devenus des fugitifs, le trio file à bord de ses camions en emmenant dans son sillage d’autres routiers sympathisants outrés par les brutalités policières.

La belle et peu farouche Mélissa qui se révèle être une journaliste, monte dans la cabine du Duck qui prend la tête de la cavale avec toute la police du comté aux trousses.

Wallace et ses hommes sont semés et ridiculisés dans le désert ou leurs voitures s’abiment mais font appel à d’autres forces de police pour barrer la route des fuyards cherchant à passer au Texas.

Mais le malin Duck parvient à faire plier Jerry Haskins (Seymour Cassel) le gouverneur de l’état en lui révélant transportant des produits chimiques, ce qui l’amène à lever son barrage.

En réalité le mouvement fait boule de neige et une centaine de camions forment alors une file fonçant à vive allure à travers le plus grand état du pays en direction du Mexique.

Alors que Wallace persiste, animé par une rancune personnelle tenace, Haskins se montre plus habile, faisant mine d’engager des pourparler avec le Duck afin de lui donner une tribune.

Mais lorsque les routiers qui ont réussi à établir un camp de nuit à l’abri des forces de police après négociations, apprennent que Mike s’est fait arrêté et tabassé alors qu’il s’apprêtait à rendre visite à sa femme enceinte, le mouvement de contestation reprend de la vigueur.

Préférant l’action au dialogue des politiciens, Duck et ses camions foncent sur la prison pour libérer en force le pauvre Mike et ainsi le relâcher.

Mais la ruée vers le Mexique n’est pas sans encombre et voit une large partie du convoi dont Love Machine bloqué par un accident de la route impliquant des écoliers.

Le Duck se trouve alors face à Wallace et un tank campant devant la frontière.

Melissa descend juste à temps pour voir le camion de Duck exploser alors qu’en réalité, il a usé d’un stratagème pour s’échapper et couler de jours heureux avec sa chère journaliste.

Finalement beau joueur, Wallace lui-même esquisse un sourire …

En conclusion, « Le convoi » est bel et bien un film de brutes s’adressant à un public de brutes.

Animé d’un esprit très seventies avec la contestation de l’ordre établi et notamment les affreux policiers violents et corrompus du Sud des États-Unis ou les beaux parleurs politiciens, « Le convoi » fait souffler un vent de la liberté si chère aux américains surtout lorsque celle-ci s’accompagne de grands espaces, de grosses mécaniques et d’une bonne dose de violence.

Malgré l’abatage des acteurs, Borgnine en parfait salaud, Kristofferson presque aussi beau que Jim Morrison barbu et Mc Graw jolie brune aux traits délicats et impeccablement bronzée, « Le convoi » peine à s’extraire au delà du niveau 0 de la réflexion et n’a selon moi pas grand-chose à offrir qu’un film d’action plutôt beauf et trainard.

Reste les beaux paysages et une certaine ambiance country qui pourra séduire certains…

31 Mar 2025

R.A.S (Yves Boisset)

 

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Sorti en 1973, « R.A.S » est un film d'Yves Boisset disparu aujourd'hui.

« R.A.S » s'attaque à un sujet toujours sensible, la Guerre d'Algérie avec l'incorporation d'Alain Charpentier (Jacques Weber) boulanger de profession, dans des troupes destinés à partir combattre pour la France.

Réfractaire, Charpentier tente de créer un mouvement collectif mais mis à part Dax (Jean-François Balmer) un fils de bonne famille, personne n'ose braver l'autorité représentée par le lieutenant Keller (Michel Peyrelon) qui enchaine les brimades les plus sadiques.

Sous son commandement, la section part inspecter un village qui termine détruit avec en prime le viol d'une jeune femme.

Ne supportant pas de participer à ses horreurs, Dax se rebelle et tue le sergent Lebel (Roland Blanche) avant de retourner son arme contre lui.

Keller est finalement remplacé par le commandant Lecoq (Phillipe Leroy-Beaulieu) qui bien que plus « réglo » n'en impose pas moins une discipline de fer dans les opérations de « nettoyage ».

Transformés en « chasseurs » les hommes montent dans un train militaire s'enfonçant dans une zone aride et montagneuse.

Au cours d'une baignade, un soldat se fait tuer et un Fellagah est fait prisonnier. March (Jacques Spiesser) découvre la généralisation de la torture et de l'exécution, justifiée maladroitement par Lecoq.

Lorsque Lecoq déclare la zone « pacifiée », les soldats sont envoyés distribuer de la nourriture. Mais la mort de Titus (Albert Dray), abattu avec son sac de provisions, fait perdre la tête à Charpentier qui va s'offrir aux fusils adverses.

Dégouté, March refuse de remonter dans le train et s'enfonce libre entre les montagnes...

En conclusion, une nouvelle fois « R.A.S » est un grand film d'Yves Boisset.

Le sujet est brulant, tout particulièrement aujourd'hui quand on voit les difficultés pour panser les blessures de cette « sale guerre » franco-algérienne et Boisset s'y attèle avec son talent habituel.

On frôle le casting parfait avec un Weber jeune et beau magnifique en idéaliste répugnant à tirer un coup de feu, Balmer rongé par son mal-être, Villeret superbe en bon gars simple et naïf et toute la kyrielle de sous-offs brutaux et sadiques.

Violence, viol, torture, exécution tout y passe ou presque dans le décor somptueux du désert saharien.

Intense et prenant, « R.A.S » rappelle parfois « Le fou de guerre » et côtoie l'excellence.

On reverra encore longtemps les films de M Boisset le plus courageux des cinéastes français !

29 Mar 2025

Nova n°99 (Doug Moench, Peter David, Denny O'Neil, Bill Sienkiewicz, Rich Buckler, Luke Mc Donnell

 

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Poursuite du retour vers le passé avec « Nova n°99 ».

Sorti en avril 1986 en France, ce numéro place comme souvent à l'époque les 4 Fantastiques de Doug Moench (scénario) et Bill Sienkiewicz (dessins) en tête de gondole avec une aventure typique de Science fiction dans laquelle nos héros ont maille à partir avec une météorite tombée dans un lac transformant la faune en monstres hyper agressifs.

Si les FF triomphent sans trop de suspens des ptérodactyles et autres anguilles géantes, les parasites infectent Jane Richards en personne ce qui amène Franklin a révéler ses pouvoirs pour la libérer de l'emprise de la créature.

Dans la seconde partie, Red décide d'étudier plus en détails les pouvoirs de son fils et le conduit auprès d'un ami scientifique qui propose un appareil et une technique visant à apporter un meilleur contrôle mais l'expérience tourne mal, et Franklin entre en liaison télépathique avec la Torche en difficulté face à une brute dotée de super pouvoirs après avoir été irradiée par un des météorites.

Si grâce à Franklin, la torche peut être secourue et son ennemi neutralisé, l'expérience peu concluante effraie les Richards qui retirent leur fils du centre de recherches.

Dans Spider-man ensuite dessiné par Rich Buckler sur une scénario de Peter David, trois amis étudiants en mal de sensations fortes décident de défier Spider-man en créant le Flambeau.

A grands renforts de provocations et de coups d'éclat, la rencontre finit par avoir lieu au Washington square mais laisse un des trois hommes gravement brulé en tentant de s'interposer.

Mais le dénouement permet de comprendre que Thomas le « grand brulé » victime de remords a contacté Spider-man et la Torche pour monter un faux accident et décourager ses amis plus belliqueux.

Iron-man pour finir dessiné par Luke Mc Donnell sur un scénario de Denny O'Neil montre James Rhodes perdre les pédales après avoir remplacé son patron dans le rôle de garde du corps et défenseur en armure de Stark Industries.

Colérique et instable, ce nouvel Iron-man commet erreurs sur erreurs en tentant de maitriser le super criminel Vibro, ce qui force Tony Stark à endosser son ancienne armure pour une confrontation qui s'annonce.

En conclusion « Nova n°99 » ne s'avère pas particulièrement marquant.

Les FF occupent la place principale du « mini comics » mensuel et malgré de louables efforts sur un scénario très SF plutot élaboré et des dessins plus que corrects, ne parviennent pas à passionner.

Comme à son habitude, Spider-man est médiocre, même si on reconnaitra un effort particulier sur le scénario, le résultat n'est au final qu’anecdotique avec de plus ses dessins passables de Buckler.

Seul au dessus de la mêlée est Iron-man avec une atmosphère plus noire dans laquelle son ancien garde du corps et meilleur ami, grisé par sa nouvelle position comme super héros en armure se transforme en danger public, ce qui force Tony Stark malade et affaibli à se ressaisir.

Au total, un Nova tout juste moyen donc. Réduire la place des FF, supprimer Spider-man et introduire du sang-neuf devenant une évidence pour redresser la barre !

27 Mar 2025

My own private Idaho (Gus Van Sant)

 

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Sorti en 1991, « My own private Idaho » est le troisième film de Gus Van Sant.

Inspiré très librement de Shakespeare, « My own private Idaho » raconte le quotidien de deux prostitués de Portland, Mike Waters (River Phoenix) et Scott Favor (Keanu Reeves). Alors que le premier est un petit gars de l'Idaho atteint de narcolepsie sombrant pour un rien dans un profond sommeil, le second est le fils du maire et vit une vie de rebelle et toxico par rébellion contre l’establishment.

Vivant de passes le plus souvent homosexuelles et de défonce dans des squats, les deux hommes font la connaissance de Bob Pigeon (William Richert) un chef de gang plus âgé.

Les rapports sont complexes et le duo n'hésite pas tromper/agresser la bande du vieux patriarche pour récupérer le butin d'un vol.

Lors d'un voyage en Idaho pour retrouver la trace de sa mère finalement partie vivre en Italie, Mike vit une grande passion amoureuse pour Scott qui ne la partage pas.

Son hétérosexualité de base le fait plutot se tourner vers Carmela (Chiara Caselli) une italienne au grand désespoir de son partenaire.

Finalement, à la mort de son père, Scott décide de se ranger laissant Mike esseulé et triste après la mort de Bob, revenir vers son bled natal pour finalement tomber à nouveau inanimé sur la route.

En conclusion, « My own private Idaho » est un film sur un monde marginal, celui de la prostitution masculine.

Les acteurs, jeunes et beaux sont parfaits et le film vibre de cette passion intense avec un Keanu Reeves « before Matrix » qui confirme déjà sa large palette d'acteur avant de devenir la super star du film d'action qu'il fut dans les années 90/2000.

Pour autant, le film vous englue dans son atmosphère poisseuse de défonce et finit par vous assommer à grands coups de crises de narcolepsie...

Un film d'art et d'essais sans doute respectable, mais guère mémorable pour votre serviteur.

26 Mar 2025

Et c'est ainsi que nous vivrons (Douglas Kennedy)

 

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Après une première expérience décevante avec Douglas Kennedy, j'ai décidé de récidiver avec « Et c'est ainsi que nous vivrons », une dystopie sortie en 2023.

L'histoire prend place dans un futur proche (2045) dans une Amérique fracturée entre une Confédération gouvernée par le fanatisme religieux le plus exacerbé et une République plus libérable et ouverte, mais au chaque citoyen est sous contrôle électronique par le biais d'implants.

Samantha Stengel une agente de la République est chargée par sa hiérarchie de se rendre dans la Zone Neutre de Minnéapolis pour assassiner une ennemie qui n'est autre que sa demi-sœur, Caitlin Stengel.

Après avoir subi plusieurs opérations chirurgicales destinées à modifier son apparence physique et à lui implante une puce cérébrale spécifique pour sa mission, Samantha entre sous la couverture d'Edna Mulgrew, une critique cinématographique new-yorkaise mutée à Minneapolis.

Deux agents aussi opposés l'un que l'autre, Savage et LaPrelle la secondent.

Mais sur le terrain, la situation s'avère plus complexe que prévue. CS est insaisissable, attire LaPrelle dans un piège et l'exécute dans un bar avant de la narguer Samantha.

Le fiasco de l'opération ajoutée à un dérapage mal contrôlé avec Lorraine, une projectionniste qui l'attire sexuellement, aboutit à sa rétrogradation sous l'autorité de Savage jugé plus fiable.

Samantha se voit attribuée une seconde mission : éliminer Connell, responsable de la « fuite » ayant couté la vie à LaPrelle, trahi par sa femme.

Pénétrant en zone confédérée, Samantha fait profil bas et agissant sous la couverture d'une touriste innocente se pliant aux règles, localise Connel et le tue dans son appartement avec sa maitresse.

Malgré un interrogatoire serrée, elle parvient à revenir sans encombre en ZN mais cède avant de repasser en République à une demande insistante de Lorraine qui lui propose une ultime rencontre dans un luxueux chalet.

C'est alors que le piège se referme et CS qui agissait sous les traits de Lorraine la surprend.

Droguée et désarmée, Samantha est une proie facile mais elle parvient à gagner suffisamment de temps pour que Savage fasse irruption et fasse éliminer Lorraine, en payant toutefois le prix de sa vie.

A son retour en ZR, Samantha est opérée à nouveau et après une période d'observation, parvient à reprendre son ancienne vie de célibataire forcée passionnée de cinéma, mais elle demeure marquée par son expérience.

En conclusion, Douglas Kennedy s'essaie cette fois à la dystopie avec un résultat pour le moins mitigé.

Le scénario est plutot paresseux : une guerre de Sécession vaguement évoquée pour justifier la division en deux de l'Amérique, l'une qu'on devine gouvernée par des Républicains héritiers de Trump donc très rétrogrades/fanatiques et l'autre par un gourou de la « Tech » qui pourrait être un Bill Gates ou un Elon Musk, sauf que comme le montre l'actualité deux ans seulement après la parution du livre, le gourou technologique peut aussi se ranger du coté du fanatique !

Rien de bien neuf avec les implants, les applications de rencontres d'un soir et la chirurgie esthétique et même un petit coté désuet du Berlin ambiance guerre froide pour justifier de l'intervention de l'héroine, qui s'obstine à utiliser des bonnes vieilles armes à feu dans son futur pourtant censé être hautement avancé.

L'héroine justement n'a généré aucune empathie chez moi : sa solitude, ses penchants lesbiens et sa passion pour le cinéma d'auteur, décalée et ennuyeuse au possible, paraissant artificiellement introduite pour satisfaire les gouts propres de Kennedy.

Que reste-il alors pour sauver cette dystopie peu aventureuse ? Une scène introductive marquante + quelques scènes d'action plutot réussies, un twist correct sans être génial alors que Philip K Dick aurait sans doute proposé que l'agente soit en train de chercher à s'éliminer elle-même...

En résumé, encore fois le verdict est KO pour cette dystopie déjà dépassée en 2025, avec un Kennedy qui ne semble définitivement pas être un auteur pour moi !

22 Mar 2025

A l'est d'Eden (Elia Kazan)

 

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Nous restons dans les classiques du cinéma avec « A l’est d’Eden » célèbre film d’Elia Kazan adapté de John Steinbeck géant de la littérature américaine.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis en 1917, dans la ville de Salinas, ou Adam Trask (Raymond Massey) dirige une grande exploitation agricole dans les si fécondes terres de Californie.

Trask a quelques tendances « geotrouvetout » et tente toujours de développer de nouvelles idées, avec fougue et maladresse comme la conservation des légumes dans des blocs de glaces.

Ses deux fils, Cal (James Dean) et Aron (Richard Davalos) l’aident dans sa tache mais sont aussi dissemblables l’un que l’autre, Aron étant posé et réfléchi tandis que Cal est un écorché vif, révolté, mal dans sa peau qui accumule les bêtises.

En réalité, Cal est obsédé par la disparition de sa mère et finit à force d’obstination à découvrir qu’elle n’était pas morte comme lui avait dit son père mais qu’elle vit à proximité, établie comme patronne de bar.

La confrontation mère-fils est douloureuse pour Cal qui comprend que sa mère Kate (Jo Van Fleet) ne supportait la vie à la ferme et le caractère chrétien paternaliste de son père.

Après un drame, elle préféra donc le quitter pour se lancer dans les affaires d’ailleurs prospères.

Cal garde donc son secret pour lui et se rapproche dangereusement de Abra (Julia Harris) la fiancée de son frère Aron, ce qui ne fait qu’envenimer leurs relations.

En réalité, Julia se montre plutôt séduite par Cal, avec qui elle partage des relations familiales explosives.

La situation se dégrade davantage avec l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne.

Albrecht (Harold Gordon) un commerçant d’origine allemande jusqu’alors sans histoire est alors pris pour cible par des manifestations hostiles.

Ami d’Albrecht, Cal intervient et une bagarre générale éclate entre défenseurs et agresseur du vieux commerçant.

L’intervention de Cal irrite Aron qui est un fervent patriote américain.

Mais malgré sa révolte, Cal aime son père et pour l’aider à éponger ses dettes décide de demander 5000 dollars à sa mère pour investir dans la plantation de tabac.

Celle-ci accepte et le jeune homme profitant alors de la mobilisation générale et de la hausse de la consommation de tabac réalise alors un joli bénéfice.

Malheureusement lorsqu’il se présente devant son père, son cadeau tombe à plat, car Aron lui annonce son mariage avec Abra, ce qui comble le vieil homme de joie.

Pire que cela, Adam refuse avec dédain l’argent de son fils, obtenu selon lui en profitant du sacrifice des soldats américains.

Le choc est terrible pour Cal, qui voit son cadeau refusé et Abra lui échapper.

Pris de colère, il propose alors à son frère de lui révéler la vérité sur la mort de sa mère.

Aron se montre moins solide psychologiquement que Cal lors du face à face avec Kate, et craque complètement face à cette révélation.

Il prend alors comme brutale de décision de ne pas épouser Abra et de s’engager volontairement dans l’armée.

A la gare, attend de folie, il percute violemment le vitre du train qui l’emmène ce qui provoque une attaque à Adam.

Laissé affaibli et mourant, le vieux patriarche pardonne Cal sur son lit de mort, et le pousse à son union avec Abra.

Malgré la tragédie, la famille parvient donc à un apaisement inespéré .

En conclusion, « A l’est d’Eden » est un classique, comme la plupart des grands films d’Elia Kazan, réalisateur surdoué qui marqua de son empreinte le cinéma.

Drame familial par excellence sur fond biblique, « A l’est d’Eden » narre la rivalité de deux frères que tout oppose, incapables de surmonter la tragédie commune de la perte de leur mère.

Bien entendu, Dean crève l’écran dans un rôle de rebelle hyper sensible en mal d’affection taillé sur mesure pour son jeu expressif mais le film se montre globalement trop long et ennuyeux pour pleinement passionner.

Se déroulant dans la beauté des paysages californiens, « A l’est d’Eden » est donc un grand film bâti sur un grand sujet, mais qui souffre d’une réalisation d’un autre temps nuisant à son dynamisme.

Une belle pièce de musée donc, qui peinera sans doute à passionner les jeunes générations.

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